La question revient souvent : quel est le plus grand data center du monde, et où se trouve-t-il exactement ? La réponse pointe vers la Chine. Plus précisément vers la région Mongolie-Intérieure, au nord du pays, où China Telecom a construit un complexe hors norme : le China Telecom Inner Mongolia Information Park. Ce site occupe une superficie de 600 000 mètres carrés, soit l’équivalent d’une centaine de terrains de football. Un chiffre qui donne le vertige.
Ce centre de données, situé dans une zone climatique froide, a été conçu pour tirer parti des températures extérieures basses afin de réduire les coûts de refroidissement. Le froid naturel de cette région nord de la Chine devient ainsi un atout technique majeur. Le bâtiment principal abrite des milliers de serveurs destinés au stockage cloud, au traitement des données gouvernementales et aux services numériques à grande échelle. China Telecom possède là une infrastructure hors catégorie.
Maintenant, une nuance s’impose. Le classement des grands centres de données dépend des critères retenus : superficie totale, puissance installée en mégawatts, ou capacité de stockage brute. Selon ces différentes mesures, le podium peut légèrement varier. Mais en termes de superficie physique, le site Inner Mongolia reste le leader incontesté en 2024-2025.
Microsoft et d’autres géants américains ont annoncé des projets colossaux aux États-Unis, notamment au Nevada, au Texas et en Pennsylvanie. Ces installations, pensées pour l’intelligence artificielle, montent en puissance. Elles ne détrônent pas encore le colosse chinois en termes de surface, mais elles tirent le classement vers le haut en matière de puissance de calcul.
Sommaire
China Telecom et la Mongolie-Intérieure : pourquoi ce choix géographique
Le choix de la Mongolie-Intérieure n’est pas anodin. Cette région offre un triple avantage : l’espace disponible à faible coût, l’accès à de l’énergie électrique peu chère (notamment via des centrales à charbon, ce qui pose par ailleurs des questions environnementales), et un air froid quasi-gratuit une bonne partie de l’année. Le refroidissement par air naturel réduit la consommation d’énergie des systèmes de climatisation de façon significative.
L’émergence des projets américains en data centers
Du côté des États-Unis, Microsoft a annoncé un investissement de plusieurs milliards de dollars dans de nouvelles infrastructures dédiées au cloud computing et à l’intelligence artificielle. Ces projets, répartis entre le Nevada, l’Utah et d’autres États, ne seront pas uniquement centrés sur la superficie mais sur la puissance de traitement. Google et Facebook ont également accéléré leur développement dans ce domaine.
Le classement des dix plus grands data centers
Voici un tableau comparatif des plus grands centres de données à l’échelle mondiale, basé sur les données disponibles en 2024-2025. Le classement data centers ci-dessous prend la superficie comme critère principal.
| Nom du site | Localisation | Superficie (m²) |
|---|---|---|
| China Telecom Inner Mongolia Information Park | Mongolie-Intérieure, Chine | 600 000 |
| Range International Information Group | Langfang, Chine | 585 000 |
| Switch SuperNap (Utah Data Center) | Utah, États-Unis | ~370 000 |
| Citadel Campus | Nevada, États-Unis | ~340 000 |
| China Mobile data center | Hohhot, Chine | ~250 000 |
| Digital Realty (campus Virginia) | Virginie, États-Unis | ~180 000 |
| IBM data center | Inde | ~170 000 |
| SuperNap Las Vegas | Las Vegas, Nevada | ~165 000 |
| QTS Mega Data Center | Richmond, États-Unis | ~160 000 |
| Telehouse (campus EMEA) | Londres, Royaume-Uni | ~140 000 |
Ce tableau illustre une réalité : la Chine domine les premières places en termes de superficie brute. Les États-Unis restent très présents, notamment grâce à des opérateurs comme Switch, Citadel, Digital Realty ou des acteurs du web comme Google. L’Europe, via le site de Telehouse au Royaume-Uni et d’autres installations, occupe le bas du classement mondial mais reste un acteur majeur à l’échelle régionale.
Le data center Langfang Chine : le deuxième du monde
Le site Range International Information Group à Langfang mérite une attention particulière. Avec ses 585 000 mètres carrés, il se place juste derrière le leader chinois. Situé dans la ville de Langfang, en périphérie de Pékin, ce complexe a bénéficié de la forte croissance de la demande numérique en Chine au cours des années 2010. Le groupe Range International possède là une installation pensée pour répondre aux besoins des entreprises chinoises et des services cloud nationaux.
Switch SuperNap et les géants américains du Nevada
Le Switch SuperNap Las Vegas, désormais renommé sous différentes entités, est l’exemple type du data center américain de haute technologie. Conçu pour des performances maximales et une redondance totale, il fonctionne avec des systèmes de refroidissement innovants et une alimentation électrique de secours capable de prendre le relai en cas de panne. Le site Nevada abrite également le campus Citadel, autre installation de grande taille aux États-Unis.
Capacité et infrastructure : les chiffres qui comptent
600 000 mètres carrés, ça parle à tout le monde en théorie. Mais concrètement, qu’est-ce que ça représente en infrastructure data center monde ? Un tel espace peut accueillir des centaines de milliers de racks serveurs. Chaque rack peut contenir entre 20 et 40 serveurs physiques. En calculant, on arrive rapidement à plusieurs millions d’unités de traitement actives en simultané.
La puissance totale installée sur ce type de site se chiffre en centaines de mégawatts. Pour comparaison, une ville de taille moyenne consomme environ 200 à 300 mégawatts. Un seul grand data center peut donc rivaliser en consommation électrique avec une agglomération entière. C’est là que le débat sur la consommation d’énergie prend tout son sens.
Les systèmes de refroidissement : un défi technique permanent
Le refroidissement est le poste de dépense numéro un dans le fonctionnement d’un centre de données de cette taille. Les serveurs dégagent une chaleur considérable en permanence. Pour gérer cette chaleur, les opérateurs utilisent plusieurs approches : le refroidissement par air (avec des systèmes de ventilation haute performance), le refroidissement par eau (en circuit fermé ou ouvert), ou des techniques plus récentes comme l’immersion dans des liquides diélectriques. Pour en savoir plus sur l’organisation interne d’un tel site, notre article sur l’architecture d’un data center détaille ces choix techniques.
Le site de la Mongolie-Intérieure utilise principalement le froid extérieur naturel une grande partie de l’année, ce qui réduit drastiquement la consommation d’énergie liée au refroidissement. En outre, les systèmes de récupération thermique permettent parfois de réutiliser la chaleur produite pour d’autres usages industriels ou domestiques.
Stockage cloud et puissance de calcul : les deux faces d’un data center
Un centre de données de cette envergure ne sert pas uniquement au stockage cloud. Il traite aussi en temps réel des milliards de requêtes : recherches internet, transactions bancaires, données big data sont traitées à chaque fraction de seconde. Les services mail, les achats en ligne, les réseaux sociaux comme Twitter ou Facebook, tout cela repose sur ces infrastructures géantes. La capacité de traitement se mesure en pétaflops, et les plus grands sites atteignent des niveaux que peu de supercalculateurs pouvaient espérer il y a dix ans.
La compétition mondiale des data centers
Le classement data centers n’est pas figé. La compétition entre la Chine et les États-Unis pour dominer l’infrastructure numérique mondiale s’intensifie chaque année. Cette course dépasse le simple enjeu commercial : elle touche à la souveraineté des données, à la sécurité des informations stratégiques, et au contrôle des flux numériques mondiaux.
Microsoft a annoncé en 2024 un plan d’investissement de plus d’un milliard de dollars pour développer de nouveaux centres de données aux États-Unis, notamment dans le Nevada et d’autres États du sud-ouest américain. Ces nouvelles installations sont pensées pour l’intelligence artificielle et le cloud computing de prochaine génération. La société a clairement identifié la course aux data centers comme un enjeu stratégique.


Le data center Nevada et la position américaine dans le classement
Le Nevada est devenu un hub majeur pour l’infrastructure numérique américaine. Plusieurs facteurs expliquent ce choix : la disponibilité du foncier, un cadre fiscal favorable, et l’accès à des réseaux électriques stables. Le Switch SuperNap Las Vegas a longtemps été le plus grand centre de données américain avant l’émergence de nouveaux campus. Digital Realty, autre opérateur de référence, possède des installations réparties dans de nombreux États américains et à l’international. La gestion de ces data centers repose sur des processus industriels très rodés pour garantir des niveaux de disponibilité proches de 100 %.
Enjeux géopolitiques autour des données mondiales
La question de savoir où sont stockées les données est désormais un sujet de politique internationale. Les États-Unis ont imposé des restrictions sur les équipements chinois dans leurs réseaux, pendant que la Chine développe son infrastructure data center monde de façon autonome. L’Inde, de son côté, investit massivement pour gérer ses propres données localement. Cette dynamique de souveraineté numérique pousse chaque grand pays à construire ses propres centres de données plutôt que d’externaliser à l’étranger.
Pourquoi ces mastodontes sont essentiels
On pourrait se demander si des bâtiments aussi gigantesques sont vraiment nécessaires. La réponse courte : oui, et la demande continue d’augmenter. Chaque application sur votre smartphone, chaque vidéo streamée, chaque mail envoyé passe par un data center quelque part dans le monde. La croissance du trafic internet mondial est telle que les besoins en infrastructure doublent environ tous les quatre ans.
Pour les entreprises, externaliser leurs ressources informatiques vers ces grands centres données représente une économie de coût et de gestion considérable. Une PME n’a pas besoin de ses propres serveurs si elle peut louer de l’espace dans un système de colocation géré par des professionnels. Les services cloud offrent à vos équipes IT une flexibilité impossible à atteindre avec une infrastructure physique interne. Si vous souhaitez aller plus loin, notre guide sur la construction d’un data center vous donnera un aperçu complet des étapes et des contraintes à anticiper.
L’impact environnemental : le problème que le secteur ne peut plus ignorer
Les data centers consomment aujourd’hui environ 1 à 2 % de l’électricité mondiale. Ce chiffre monte, et les projections pour 2030 donnent entre 3 et 8 % selon les sources. La consommation énergie de ces installations représente un défi environnemental réel. Certains sites consomment des millions de litres d’eau par jour pour leurs systèmes de refroidissement. Les émissions de carbone associées commencent à faire l’objet de régulations dans plusieurs pays.
Les entreprises face aux exigences des clients
De nombreuses entreprises comme Google, Microsoft ou Facebook se sont engagées à alimenter leurs data centers avec des énergies renouvelables. Cela ne règle pas toute la question, mais c’est une direction. En outre, l’utilisation de l’intelligence artificielle pour optimiser les opérations internes des centres de données (gestion de la charge, prévention des pannes, optimisation du refroidissement) permet de réduire la consommation de 10 à 20 % selon les estimations.
Les plus grands data centers en France et en Europe
En Europe, l’infrastructure data center monde est dominée par quelques hubs historiques : Londres, Amsterdam, Francfort et Paris. Ces quatre villes concentrent la grande majorité des capacités de colocation européennes. En France, les plus gros opérateurs sont Equinix, Data4 et Interxion, qui possèdent chacun plusieurs sites autour de la région parisienne. Pour comprendre comment ces infrastructures soutiennent l’économie nationale, notre analyse sur les data centers et la transformation digitale en France est un bon point de départ.
Le plus grand centre de données en France est le campus Data4 situé à Marcoussis, en Essonne. Il compte plusieurs bâtiments pour une superficie totale dépassant les 100 000 mètres carrés, avec des plans d’extension déjà engagés. Une taille qui reste loin des mastodontes chinois, mais qui place la France parmi les leaders européens. Les métiers des data centers se développent d’ailleurs fortement en France pour accompagner cette croissance.
Le Royaume-Uni et les grandes villes du numérique européen
Le site Telehouse de Londres, notamment le campus North dans les Docklands, est l’un des nœuds internet les plus importants d’Europe. Des milliers de connexions physiques entre opérateurs y transitent chaque jour. Ce n’est pas le plus grand en surface, mais il est stratégiquement l’un des plus importants du continent pour le fonctionnement du réseau internet européen.
Perspectives pour les data centers européens
L’Europe investit. Des projets de grande taille sont en cours en Suède, aux Pays-Bas et en Irlande, notamment pour accueillir des services cloud des géants américains. Ces installations utilisent souvent des sources d’énergie renouvelables, grâce à la disponibilité de l’hydraulique en Scandinavie ou de l’éolien dans les pays du nord. La technologie de refroidissement naturel y est également exploitée, à l’instar des solutions chinoises en Mongolie-Intérieure. À mesure que la demande numérique progresse, le classement EMEA sera mis à jour. Les entreprises européennes ont tout intérêt à suivre ce développement technologique pour anticiper vos besoins futurs en infrastructure.
Questions fréquentes sur le plus grand data center du monde
Quel est le plus grand centre de données au monde en 2024 ?
Le plus grand centre de données du monde en 2024 reste le China Telecom Inner Mongolia Information Park, situé dans la région Mongolie-Intérieure au nord de la Chine. Il occupe 600 000 mètres carrés et abrite des dizaines de milliers de serveurs destinés aux services cloud et aux données gouvernementales chinoises. Aucun autre site n’atteint cette superficie à ce jour.
Quels sont les plus gros data centers aux États-Unis ?
Les plus grands centres données américains sont le campus Switch SuperNap en Utah, le Citadel situé en Nevada, et les installations de Digital Realty en Virginie. Microsoft, Google et Facebook ont également de très grandes surfaces réparties sur plusieurs États. Ces sites se distinguent souvent par leur puissance installée en mégawatts plutôt que par leur superficie brute.
Combien consomme un grand data center en énergie ?
Un data center de grande taille consomme entre 100 et 500 mégawatts selon sa taille et son niveau d’activité. Pour un site comme celui de la Mongolie-Intérieure, la consommation totale est estimée à plusieurs centaines de mégawatts. Ces chiffres incluent les serveurs, les systèmes de refroidissement, l’alimentation de secours et les équipements réseaux. C’est la raison pour laquelle la gestion des sources d’énergie est un enjeu majeur pour les opérateurs.
Pourquoi la France n’a-t-elle pas de data center dans le classement mondial ?
La France possède des centres de données importants à l’échelle européenne, mais qui restent loin des dimensions chinoises ou américaines. Le marché français est solide, avec des acteurs comme Data4, Equinix ou Interxion, mais la demande locale n’a pas encore justifié la construction de sites dépassant les 100 000 mètres carrés. La situation pourrait évoluer avec la croissance des services cloud et de l’intelligence artificielle dans les prochaines années.
Les chiffres et les noms à retenir :
- China Telecom Inner Mongolia Information Park : 600 000 m², leader mondial incontesté
- Range International Information Group à Langfang : 585 000 m², deuxième mondiale
- Switch SuperNap Utah : premier data center américain par superficie
- Citadel Nevada : hub technologique stratégique pour les services cloud américains
- Data4 Marcoussis : plus grand centre de données de France, référence EMEA
Les tendances qui dessineront le classement de demain :
- Explosion de la demande liée à l’intelligence artificielle et au cloud computing
- Pression croissante sur les émissions carbone et la consommation d’eau
- Course géopolitique entre les États-Unis et la Chine pour contrôler l’infrastructure numérique mondiale
- Montée en puissance de l’Inde et d’autres pays émergents dans la construction de leurs propres data centers
- Adoption accélérée des énergies renouvelables pour alimenter les nouvelles installations en Europe et aux États-Unis





